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Le prélèvement à la source : ce qui change dès 2018

La transition vers le prélèvement à la source, prévu pour janvier 2019, fait de 2018 une « année blanche » fiscale, mais pas une année sans impôts. Explications.

Depuis le 1er janvier, la France est entrée dans une « année blanche » fiscale. La transition vers le prélèvement à la source implique qu’une grande partie des revenus de 2018 ne seront pas imposés. Et cette fois, l’échéance ne devrait pas être reportée. Le Parlement a entériné l’entrée en vigueur de cette réforme pour janvier 2019, après un décalage d’un an. Champagne ? Pas si vite. Les contribuables paieront bien des impôts chaque année, en 2018 sur les revenus de 2017 et en 2019 sur les revenus de 2019. Certains y gagneront, d’autres y perdront. D’autres encore trouveront un moyen d’optimiser leur situation . Mode d’emploi de cette année fiscale quelque peu singulière.

Pourquoi une « année blanche » ?

Ce terme a pu prêter à confusion. Il signifie qu’à compter de janvier 2019, l’assiette servant au calcul de l’impôt sera basée sur les revenus de l’année n, et plus ceux de l’année n -1. Dans les faits, les revenus de 2018 échapperont donc à l’impôt, mais cela ne signifie pas que les contribuables ne paieront pas d’impôt.Sans « année blanche », il y aurait eu une « année noire ». C’est-à-dire que les contribuables, lors du passage au prélèvement à la source, auraient dû payer la même année leur impôt deux fois, sur les années n et n -1. Impensable vu de Bercy. L’administration fiscale a donc imaginé un « crédit d’impôt modernisation recouvrement ». Ce CIMR viendra annuler l’impôt qui aurait dû être théoriquement payé en 2019 sur les revenus de 2018 si l’on n’était pas passé au prélèvement à la source. Pour parer aux tactiques d’optimisation, seuls les revenus récurrents seront concernés par ce CIMR. Les revenus exceptionnels en seront exclus.

Quels revenus 2018 seront tout de même imposés ?

Le texte de loi dresse l’inventaire des revenus considérés comme « exceptionnels » et qui seront malgré tout imposés. Part imposable de l’indemnité de licenciement, de cessation d’activité, retraite servie sous forme de capital, participation et intéressement, plans d’épargne salariale… Les stock-options et les actions gratuites n’y figurent pas, car elles ne font pas partie du champ du prélèvement à la source. L’objectif est d’éviter les comportements d’optimisation, qui entraîneraient une rupture d’égalité devant l’impôt.

La liste a beau être longue, elle ne résout pas toutes les questions. « Cette définition reste très imprécise et laisse présager des contestations et contentieux nombreux au cours des années suivant la réforme », s’inquiétait Albéric de Montgolfier (LR), rapporteur du budget au Sénat, lors du vote de la réforme fin 2016. Qu’en est-il d’une prime versée par l’employeur en 2018 ? « Une prime en rapport avec la performance du salarié est bien éligible au CIMR », indique-t-on à Bercy. Sont exclues les « gratifications surérogatoires » – un terme longuement débattu au Parlement – qui vont au-delà de ce que prévoit le contrat de travail.

Quid des indépendants ?

Pour les indépendants et les chefs d’entreprise, l’impôt à la source sera prélevé par le biais d’acomptes. Pour eux aussi, l’impôt 2018 sera annulé par le CIMR. Le mécanisme anti-abus leur laisse tout de même une marge pour profiter de cette année « blanche ». Concrètement, si le bénéfice de 2018 est supérieur à ceux enregistrés les trois années précédentes, la différence sera imposable. Pour ne pas pénaliser les entreprises en croissance, il est prévu que l’impôt correspondant puisse être restitué en 2020 si les bénéfices de 2019 sont supérieurs à ceux de 2018. Les indépendants auront donc tout intérêt à encaisser le plus de revenus possible en 2018, à condition de ne pas avoir une rechute en 2019. Sans quoi, le surplus sera taxé.

Quelle stratégie adopter pour l’année de transition ?

Le Conseil constitutionnel est formel : la bascule vers le prélèvement à la source ne crée pas de rupture d’égalité devant l’impôt. Pourtant, il y aura bien des gagnants et des perdants, l’idée étant qu’il vaudra mieux travailler beaucoup en 2018. Ainsi, les heures supplémentaires de 2018 ne seront pas taxées. Si un commercial ou un trader perçoit une prime élevée, le fisc aura beaucoup de mal à prouver que ce n’est pas en lien avec son contrat de travail.

Un jeune entrant dans la vie active cette année aura quelques mois de franchise d’impôt, ce qui ne sera pas le cas de celui qui trouve du travail en 2019. Un salarié prenant sa retraite en 2019 paiera son impôt directement sur la base de ses revenus de pension. Sa dernière année d’activité n’aura pas été imposée. Seront perdants finalement ceux qui auront connu une période d’inactivité en 2018 (chômage, congé parental, congé sabbatique, etc.).

En réalité, le bénéfice de cette «année blanche » se ressentira en cas de sortie du système fiscal. Les Français qui partent à l’étranger n’auront plus à régler leurs impôts français l’année après leur départ, de même pour les propriétaires fonciers qui interrompent la location de leur bien. Autre avantage, et pas des moindres: lors d’un décès, les proches n’auront plus la désagréable surprise de devoir payer les impôts du défunt l’année suivante.

Quel impact sur les avantages fiscaux ?

Inutile de se priver de femme de ménage ou de reporter un investissement immobilier. Même s’il n’y a pas d’impôt 2018, les crédits d’impôts sont maintenus. Les sommes seront toujours déductibles l’année suivant l’engagement de la dépense. La loi de finances 2017 a même instauré un mécanisme plus pratique pour les crédits d’impôts liés aux services à la personne et à la garde d’enfant, généralement récurrents : les contribuables percevront un premier acompte de 30 % en février et le solde en septembre.

Le cas des propriétaires fonciers a fait l’objet de longs débats au Parlement. Comme ils peuvent déduire des revenus fonciers le montant de leurs travaux, le risque était de voir l’activité des artisans chuter l’année de transition. Pour éviter cette déconvenue, c’est la moyenne des travaux réalisés en 2018 et 2019 qui sera déduite de leurs revenus fonciers de 2019. Des craintes similaires ont été exprimées au sujet des contrats d’épargne retraite (PERP et Préfon). Face au risque que certains épargnants ne versent aucune cotisation en 2018, la moyenne des versements en 2018 et 2019 sera prise en compte dans le calcul de l’impôt, dans le cas où les cotisations de 2018 seraient inférieures à celles de 2017 et 2019.

Les contribuables ont-ils des démarches à effectuer ?

Pas particulièrement. Au printemps 2018, ils déclareront leurs revenus 2017 comme chaque année. Ceux qui font leur déclaration en ligne, connaîtront à ce moment-là leur taux de prélèvement à la source, celui qui sera appliqué par l’employeur ou la caisse de retraite. C’est alors qu’ils pourront choisir le taux neutre s’ils ne souhaitent pas communiquer ce taux à leur employeur. Les couples pourront opter pour un taux individualisé en cas d’écarts de revenus.

Les indépendants pourront décider de payer leurs acomptes à un rythme mensuel ou trimestriel. Pour les ménages qui déposent encore une déclaration papier, ces choix se feront en juillet.En août, l’administration fiscale enverra les avis d’imposition sur le revenu 2017 sur lequel figurera le taux de prélèvement transmis à l’employeur. Suivra une phase de préfiguration, à partir de septembre, durant laquelle l’impôt dû figurera sur la fiche de paie, sans être prélevé, sur le modèle de ce qui avait été fait lors du passage à l’euro. Les prélèvements automatiques de l’administration fiscale seront interrompus fin décembre.

Et en janvier 2019 ?

L’impôt sera déduit automatiquement du salaire net et sera reversé par l’employeur à l’Etat, comme c’est le cas aujourd’hui des cotisations. Le montant sera indiqué sur la fiche de paie. Il faudra toujours déclarer ses revenus au printemps, afin d’ajuster le taux de prélèvement. Les changements de situation (mariage, séparation, décès, divorce) pourront être signalés en cours d’année à l’administration fiscale.

Source : Les Échos 

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Ce qui change au 1er Janvier 2018 pour votre épargne

La « flat tax » instaurée par la loi de finances pour 2018 modifie profondément la fiscalité des revenus des placements.

Depuis 2013, les revenus de l’épargne étaient soumis, au même titre que les revenus du travail, au barème progressif de l’impôt sur le revenu. La loi de finances pour 2018 modifie à nouveau les règles en rétablissant le principe d’une imposition forfaitaire par la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, aussi appelé « flat tax ».

Les épargnants conservent toutefois la possibilité d’opter pour l’imposition au barème progressif mais cette option, exercée a posteriori lors du dépôt de la déclaration des revenus, est globale et concerne l’ensemble des revenus financiers encaissés et des plus-values réalisées au cours de l’année. Autrement dit, il n’est pas possible de choisir d’être soumis à la « flat tax » pour certains revenus et d’opter pour l’imposition progressive pour d’autres.Ce nouveau prélèvement concerne tous les placements dont les revenus étaient jusqu’à présent soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu : intérêts des livrets d’épargne, des plans d’épargne logement de plus de douze ans, des comptes à vue rémunérés et des comptes à terme, des obligations, etc.

La mise en place de ce prélèvement est en revanche sans incidence pour les placements dont les revenus étaient jusqu’à présent exonérés d’impôt sur le revenu : livrets défiscalisés, compte épargne logement, plan d’épargne en actions, plan d’épargne entreprise, Perco (plan d’épargne pour la retraite collectif), etc. Ils conservent leur régime fiscal de faveur.

Seule exception à cette règle, les intérêts des plans d’épargne logement ouverts à compter du 1er janvier 2018 sont désormais taxés dès la première année au lieu de l’être à partir du 13e anniversaire du plan.

Le cas de l’assurance-vie

Le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % s’applique également aux produits des primes versés à compter du 27 septembre 2017 quelle que soit l’ancienneté du contrat d’assurance-vie à la date du rachat. Toutefois en cas de rachat après huit ans, lorsque le montant total des primes versées par le souscripteur, tout contrat confondu, n’excède pas 150 000 euros, il reste possible d’opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 %. Au-delà de 150 000 euros d’encours, le taux de 7,5 % est maintenu pour la quote-part des produits ne dépassant pas 150 000 euros ; l’imposition forfaitaire de 12,8 % s’applique à la fraction excédentaire.

Pour les primes versées jusqu’au 26 septembre 2017, la fiscalité des rachats n’est pas modifiée. En cas de rachat avant huit ans, le « nouveau » régime est donc plus avantageux puisque les produits sont imposés au taux unique de 12,8 % au lieu d’être taxés à 35 % avant quatre ans et à 15 % entre quatre et huit ans. Après huit ans, le nouveau régime est identique à celui en vigueur jusqu’à présent pour les épargnants dont l’encours ne dépasse pas 150 000 euros. Mais, il est moins avantageux pour ceux qui ont un encours supérieur à ce seuil.

Enfin, quelle que soit la date de versement des primes, l’abattement de 4 600 euros (personne seule) ou de 9 200 euros (couple) applicable aux rachats effectués après huit ans est maintenu, que les produits soient imposables au barème progressif ou au prélèvement forfaitaire.

Les conséquences pour les plus-values de cession de titres, les PERP et l’ISF

Comme les revenus de placement, les plus-values réalisées lors de la cession de titres sont soumises au nouveau prélèvement forfaitaire unique. En contrepartie, les abattements pour durée de détention sont supprimés. Toutefois, en cas d’option pour l’imposition au barème progressif, les contribuables peuvent toujours bénéficier de l’abattement de droit commun de 50 % (titres détenus entre deux et huit ans) ou de 65 % (titres détenus depuis plus de huit ans) mais uniquement pour les actions acquises ou souscrites avant le 1er janvier 2018.

L’impôt sur la fortune est remplacé par un impôt sur la fortune immobilière assis sur les seuls biens immobiliers. Conséquence : tous les placements financiers sont exclus du champ d’application de ce nouvel impôt.

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L’environnement d’investissement en 2018

Tout semble inviter l’investisseur à refréner ses élans…

D’abord, le contexte politique demeure préoccupant. De fait, le Brexit, les tentatives d’intimidation de la Corée du Nord et les pratiques politiques peu orthodoxes de Donald Trump sont autant de facteurs susceptibles de faire vaciller les marchés l’an prochain. Ensuite, la durée du rallye des actions constitue aussi un signal d’alarme. En hausse pour le douzième mois consécutif, les indices MSCI World et S&P500 s’approchent de niveaux historiques. Enfin, l’évolution des taux d’intérêt suscite également l’inquiétude. Sachant que la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont toutes deux relevé les coûts d’emprunt et que la Banque centrale européenne (BCE) s’apprête à réduire ses rachats d’obligations, les marchés financiers ne pourront plus s’appuyer sur les généreux plans de relance monétaire pour prospérer.

Et pourtant…

2018 s’annonce comme une nouvelle année favorable aux actions. Grâce à la croissance, avant tout : l’économie mondiale devrait progresser au rythme de 3,4% en 2018 (contre 3,3% en 2017), dépassant les prévisions du consensus. Perspective encourageante, l’expansion – caractérisée par une augmentation sensible des investissements des Etats et des entreprises et par des dépenses de consommation satisfaisantes – devrait avoir une base plus large que ces dernières années. Portées par une inflation faible et par le rebond des matières premières, les économies émergentes devraient particulièrement bien performer. La perspective de relèvements de taux supplémentaires aux Etats-Unis n’entame pas l’optimisme à l’égard des actions. Même si la Fed resserre sa politique, les taux d’intérêt réels aux Etats-Unis, en Europe et au Japon devraient rester négatifs quelque temps encore.

Mais ce qui s’annonce bon pour les actions ne le sera pas pour les marchés obligataires développés. Les relèvements de taux de la Fed pèseront immanquablement sur les obligations d’Etat et d’entreprises américaines, actuellement chères, et les rendements devraient évoluer à la hausse en 2018.

Le dollar devrait évoluer en sens inverse: toujours surévalué selon nos modèles, en particulier par rapport aux devises émergentes, le billet vert devrait continuer de fléchir, sur fond de pressions inflationnistes croissantes aux Etats-Unis.

Comme chaque année, les investisseurs seront confrontés à de multiples difficultés. Rien d’insurmontable toutefois puisque l’année 2018 s’annonce comme un nouveau millésime favorable aux actions, sur fond de croissance économique généralisée.

 

Par Asset Management

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Prélèvement à la source au 1er janvier 2019 : mode d’emploi

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu sera applicable le 1er janvier 2019. Les salariés devront -mais sans obligation- transmettre en amont leur taux personnalisé d’imposition à leur entreprise qui devra retenir mensuellement l’impôt sur la fiche de paie. Bercy assure que la confidentialité du montant de l’impôt sera assurée. (Crédits : REUTERS)
Le ministre des Comptes publics a confirmé l’instauration du prélèvement à la source sur l’impôt sur le revenu à compter du 1er janvier 2019, avec quelques aménagements par rapport au dispositif initial prévu. Mode d’emploi.

Cette fois c’est la bonne. Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a confirmé ce lundi 13 novembre que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu entrerait en vigueur le 1er janvier 2019, avec quelques modifications destinées à « alléger » les règles de gestion pour les collecteurs. Initialement, la précédente majorité avait imaginé une entrée en vigueur du nouveau dispositif le 1er janvier 2018. Mais, une fois parvenu à l’Elysée, Emmanuel Macron avait décidé (ordonnance du 15 septembre) de différer d’un an son entrée en application afin d’aplanir les difficultés « pratiques » soulevées par un certain nombre de collecteurs, dont les entreprises.

Aussi, sous l’égide de l’Inspection générale des Finances (IGF) différentes études ont été commandées afin d’affiner le dispositif de collecte d’impôt à la source et de s’assurer de sa « robustesse ». L’IGF s’est ainsi livrée à un certain nombre de simulations et d’expérimentations, avec le concours de 600 parties prenantes (entreprises, collecteurs publics, éditeurs de logiciels de paie).

La réforme et ses nouvelles modalités seront intégrées au projet de loi de finances rectificative (PLFR), qui sera présenté mercredi 15 novembre en Conseil des ministres et débattu fin novembre au Parlement.

Un crédit d’impôt spécifique pour les revenus 2018

Afin de limiter les erreurs, le gouvernement a apporté divers aménagements au dispositif, avec notamment une information du contribuable très en amont, afin que celui-ci s’habitue à cette nouvelle « contemporanéité » de l’impôt (paiement de l’impôt sur le revenu de l’année en cours et non plus de l’année passée). Concrètement, à compter de 2019, pour les salariés ou les retraités qui perçoivent un salaire ou une pension chaque mois, l’impôt sera désormais retenu à la source et prélevé sur les 12 mois de l’année civile, et non 10 comme actuellement pour les contribuables mensualisés.

Pour y parvenir, différentes étapes sont prévues.

Premièrement, pour tenir compte de la transition, les revenus de 2018 ne seront pas imposés mais devront tout de même être déclarés afin d’être « effacés » – selon le terme de Bercy, via un crédit d’impôt spécifique.

Deuxièmement, c’est lors de leur déclaration de revenus en ligne au printemps 2018 que les contribuables prendront connaissance pour la première fois de leur taux de prélèvement applicable à compter de 2019. Pour les autres (déclarants papier), ce sera lors de la réception des avis à l’été. D’autres informations se succéderont durant l’année 2018. Ainsi, dès octobre 2018, le contribuable bénéficiera d’une information personnalisée puisque le montant mensuel, qui aurait été prélevé, si la réforme était déjà en œuvre, lui sera communiqué.

L’entreprise connaîtra en amont le taux personnalisé du salarié

Les collecteurs, c’est-à-dire bien souvent les entreprises, seront aussi « encadrés ». Un kit leur sera envoyé en 2018, précisant les différentes étapes à suivre, les responsabilités respectives, la liste des interlocuteurs, les éventuelles difficultés, etc. A noter, que le futur projet de loi de finances rectificative allégera les éventuelles sanctions des collecteurs qui n’auraient pas effectué la déclaration : l’amende minimale passant de 500 à 250 euros.

Bercy précise aussi que :

« Il est également prévu de permettre aux collecteurs de récupérer le taux personnalisé des contribuables avant le premier versement de revenu pour l’appliquer immédiatement. En effet, en raison du délai nécessaire pour récupérer le taux personnalisé d’un usager, le collecteur aurait été amené à appliquer un taux neutre le premier voire les deux premiers mois de rémunération. Cette situation aurait pu nuire à la compréhension par les usagers et susciter des questions auprès des collecteurs. »

Ensuite, en 2019, selon la nature des revenus, deux modes de prélèvements sont retenus. Pour les traitements, salaires, pensions de retraite et revenus de remplacement, l’impôt sera prélevé à la source par le tiers versant les revenus (employeur, caisses de retraite, etc.), en fonction d’un taux calculé et transmis par l’administration fiscale (DGFiP) .

En revanche, pour les revenus des indépendants et des gérants majoritaires de société, et pour les revenus fonciers, l’impôt sur les revenus de l’année en cours fera l’objet d’acomptes calculés par l’administration fiscale (DGFiP) et payés mensuellement ou trimestriellement.

Pour les salariés, la déclaration des revenus 2017 effectuée au printemps 2018 servira à déterminer le taux de prélèvement à la source appliqué au 1er janvier 2019. Dès que le contribuable a connaissance de son taux de prélèvement, plusieurs options s’offrent à lui. D’abord, les couples peuvent opter pour des taux individualisés, chaque membre du foyer disposant alors d’un taux qui lui est propre en fonction de ses propres revenus. Ensuite, et cette disposition est très importante, les salariés qui le souhaitent peuvent choisir de ne pas transmettre leur taux personnalisé à leur employeur, auquel cas ils se verront appliquer un taux non personnalisé.

Confidentialité des données

Sur ce point, Bercy insiste beaucoup sur la confidentialité des données transmises à l’employeur :

« Le contribuable ne donne aucune information à son employeur ou sa caisse de retraite. C’est l’administration qui reste l’interlocuteur du contribuable pour ses impôts.

La seule information transmise au collecteur est le taux de prélèvement, qui ne révèle aucune information spécifique. La grande majorité des contribuables (90 %) a un taux de prélèvement à la source compris entre 0 et 10 %. En outre, un même taux (seule donnée transmise à l’employeur) peut recouvrir des situations très variées. La confidentialité est donc garantie.

Si les contribuables ne souhaitent toutefois donner aucun indice de l’existence d’autres revenus dans leur foyer fiscal, ils pourront choisir qu’aucun taux ne soit transmis à leur employeur, qui utilisera alors un taux correspondant à la rémunération de son employé et qui ne tiendra pas compte de sa situation de famille. »

L’administration fiscale (DGFiP) communique ensuite à l’employeur (ou aux autres verseurs de revenus comme les caisses de retraite) le taux de prélèvement retenu pour le contribuable. Dès le premier revenu versé en 2019, ce taux de prélèvement est appliqué au salaire, à la pension ou au revenu de remplacement : le prélèvement à la source est automatique, et apparaît clairement sur la fiche de paie.

Ensuite, le taux de prélèvement sera actualisé en septembre 2019 pour tenir compte des changements éventuels consécutifs à la déclaration des revenus de 2018 effectuée au printemps 2019. C’est ce taux qui sera utilisé à partir de septembre 2019 et qui sera, ensuite, à nouveau actualisé chaque année, en septembre.

En cas de changement de situation conduisant à une variation significative de l’impôt prévisible (mariage, naissance, baisse ou hausse de revenus), le contribuable peut demander une mise à jour en cours d’année du taux de prélèvement à la source en accédant à son espace sécurisé sur le siteimpots.gouv.fr.

 

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LOI DE FINANCES 2018, CE QUI CHANGE POUR VOTRE EPARGNE.

Le 19/09/2017 | La Financière d’Orion

 

projet de loi finances

Cette taxe unique souhaitée par le président Emmanuel Macron va finalement toucher l’assurance vie mais que l’on se rassure cette dernière conserve ses avantages successoraux et sort du cadre de l’ISF.

Le taux de ce prélèvement unique forfaitaire sera probablement de l’ordre de 30% incluant les prélèvements sociaux.

Quel impact sur l’épargne ? Dans une interview au journal Les Echos (12 septembre), le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, indique que tout plan d’épargne logement (PEL) souscrit à partir de 2018 sera soumis au PFU, quelle que soit sa durée, contre une exonération jusqu’au douzième anniversaire du plan aujourd’hui.

De quoi réduire à néant l’attrait de ce produit déjà peu rentable (1% sans la prime d’Etat).

L’assurance vie dans tout ça ? Le contenu de la réforme est plutôt rassurant de ce côté-là :

  • Premier point important, le PFU ne concernera pas l’ensemble des versements (quels que soient leurs montants) effectués avant l’entrée en vigueur de la loi, sans doute le 1er janvier prochain. Rien ne change pour les revenus produit par les versements antérieurs à la réforme, quels que soit leur montant, ainsi le stock actuel détenu par les assurés (1 659milliard fin Juillet 2017) échappera à la « flat tax ».
  • Second élément clé : aux dires des différentes déclarations du gouvernement, ne seront concernés par ce taux unique que les intérêts générés par de nouveaux versements supérieurs à 150 000€ pour un célibataire ou 300 000 euros pour un couple.

Ces seuils doivent s’entendre par assuré, c’est donc la somme de tous les contrats détenus par une même personne chez différents établissements financiers. Il faut donc dès à présent et sans hésiter faire le plein de ses contrats pour profiter des actuelles dans le futur. Notamment si vous avez des sommes importantes à investir.

ll faut aussi relativiser l’impact de la réforme. Et pour cause, les abattements annuels sur les intérêts prévus par les contrats d’assurance vie – 4 600 euros pour un célibataire, 9 200 euros pour un couple – seront maintenus après 8 ans. De quoi largement percevoir des revenus de son contrat à l’abri du fisc.

Avec le PFU, l’imposition sera nettement plus favorable les quatre premières années d’existence du contrat. A noter, il sera toujours possible d’opter pour l’imposition de ses retraits au barème de l’impôt sur le revenu, s’il est plus favorable.

Autre bonne nouvelle, Emmanuel Macron souhaite recentrer l’impôt de solidarité sur la fortune sur les seuls actifs immobilier et de sortir de son assiette tous les actifs « mobilier ». L’idée est en effet d’encourager les Français à orienter leur épargne sur des investissements « dit productifs », utiles à l’économie et au financement des entreprises. Ainsi l’assurance vie sera désormais exonérée d’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune).

Voilà qui est autrement plus significatif pour les assurés ayant des patrimoines conséquents. Dès 2018, l’ISF deviendra en effet l’IFI (impôt sur la fortune immobilière), taxant uniquement une partie du patrimoine immobilier.

En définitive le placement préféré des Français conserve tous ses atouts et devient un placement refuge par excellence pour les gros patrimoines, notamment dans une optique de transmission.

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Succession: les 5 pièges à éviter

Le décès d’un membre de la famille est un moment important dans la vie et le patrimoine d’une famille. Pour éviter que la succession ne tourne au règlement de comptes entre héritiers ou que le patrimoine soit dilapidé, il y a des mesures à prendre de son vivant. Jérôme Leprovaux, 
responsable du master Ingénierie patrimoniale IUP Banque Finance Assurance de Caen dresse une liste de cinq pièges à éviter dans une succession pour rendre la vie plus simple à ceux qui restent.

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Baisse du taux du PEL à 2%

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Le taux du PEL abaissé à 2% le 1er février, livret A maintenu à 1%

Le gouvernement a annoncé, le 15 janvier, son intention de ne pas modifier le taux du livret A qui restera fixé à 1% après le 1er février 2015. La mesure vaut aussi pour le LDD, autre livret sans impôt, au fonctionnement identique à celui du livret A mais au plafond de versements plus bas (12000 €, contre 22 950 € pour le livret A). Le gouvernement a ainsi choisi de déroger à l’application automatique de la formule de calcul du taux du livret A, laquelle aurait conduit à un taux de 0,25%.

En revanche, le gouvernement a décidé de modifier la donne pour les PEL (Plan d’épargne logement) qui seront ouverts à compter du 1er février 2015. Leur taux de rémunération pendant la phase d’épargne passera de 2,5% actuellement à 2% (cela ne concerne pas les PEL déjà ouverts – ou ouverts avant fin janvier – qui conservent le bénéfice du taux actuellement servi). En contrepartie de cette baisse de rémunération du PEL à 2%, en ligne avec les taux servis pour d’autres placements sans risque, le PEL deviendra à nouveau plus avantageux pour emprunter à l’issue de la phase d’épargne (achat immobilier). Le taux d’intérêt maximal du prêt PEL sera abaissé à 3,20% contre 4,20% actuellement.

Ministère des Finances, communiqué n°156 du 15 janvier 2015